Comprendre et apaiser un enfant après un événement traumatisant comme les incendies de Gironde
- 29 juil.
- 3 min de lecture
Ces derniers jours, des dizaines de milliers de familles en Gironde ont vécu quelque chose d'intense : le réveil en pleine nuit, les valises faites à la hâte, la route encombrée, les flammes au loin dans le ciel. 220 000 personnes évacuées, des enfants arrachés à leur chambre, à leur doudou, à leur quotidien.
Même pour ceux qui n'ont pas été directement touchés, les images à la télé, les discussions des adultes, l'inquiétude palpable dans l'air… tout cela, les enfants le ressentent profondément.
Si votre enfant a changé de comportement ces derniers temps, s'il fait des cauchemars, s'il est plus collé à vous, plus agité ou au contraire plus silencieux… ce que vous observez a un sens et vous n'y êtes pour rien.
Ce que vit un enfant face à un événement anxiogène
Les enfants n'ont pas encore les mots pour nommer ce qu'ils ressentent. Mais leur corps, lui, parle. Une peur intense, une évacuation, une nuit hors de chez soi… ces événements s'impriment dans leur système nerveux de façon très concrète.
Selon l'âge, vous pouvez observer :
Des troubles du sommeil (réveils nocturnes, refus d'aller dormir seul)
Des comportements régressifs (un enfant qui recommence à faire pipi au lit, qui réclame le biberon)
De l'irritabilité, des colères plus fréquentes
Des maux de ventre ou de tête sans cause médicale
Un besoin accru de votre présence, de vos bras
Ce ne sont pas des caprices. C'est un enfant qui a eu peur, et qui cherche à retrouver un sentiment de sécurité.
Premièrement, vous avez fait de votre mieux et c'est déjà énorme
Dans ces moments-là, vous aussi vous avez géré votre propre stress, votre propre peur. Vous avez essayé d'être solide pour eux, tout en portant vos propres inquiétudes.
On fait comme on peut, avec ce qu'on a et le simple fait de chercher à comprendre ce que vit votre enfant, d'en lire sur le sujet, de chercher des réponses… c'est déjà une forme de soin. C'est de l'amour en action. Pas besoin d'être parfait, ca n'existe pas juste besoin d'être là.
Comment aider votre enfant à traverser cette période
Voici quelques pistes douces pour l'accompagner au quotidien :
1. Nommer les émotions, sans les minimiser : Dire "oui, c'était impressionnant, c'est normal d'avoir eu peur" vaut bien plus qu'un "ça va aller, t'inquiète pas". Valider ce qu'il ressent, c'est lui montrer que ses émotions sont légitimes.
2. Rétablir les rituels du quotidien : La sécurité passe par la prévisibilité. Le bain à la même heure, la même histoire le soir, le même repas du mardi… ces petits rituels sont des ancres pour l'enfant. Ils lui disent : le monde est stable, tu peux te poser.
3. Lui permettre d'exprimer à sa façon : Le dessin, le jeu symbolique, la danse, la course dans le jardin… les enfants ont besoin de "sortir" ce qu'ils ont vécu par leur corps et leur imaginaire. Laissez-le jouer au pompier, au sauveteur. C'est sain.
4. Être attentif dans la durée : Parfois les signes n'apparaissent pas tout de suite. Dans les semaines qui suivent, restez à l'écoute. Un changement de comportement persistant mérite d'être pris en compte.
5. Prendre soin de vous auss : iUn parent épuisé, anxieux, qui n'a pas pu "digérer" l'événement lui-même, aura du mal à être un appui stable pour son enfant. Vous avez le droit d'avoir besoin d'aide, vous aussi.
Et si les signes persistent ?
Certains enfants ont besoin d'un espace neutre avec une personne extérieure au cocoon familial pour déposer ce qu'ils ont vécu, à leur rythme, dans un cadre sécurisé.
Ce n'est pas parce que votre enfant ne parle pas de ses peurs qu'il ne les porte pas. Accompagner, c'est aussi savoir quand tendre la main vers quelqu'un qui peut aider.
Les incendies de Gironde ont laissé des traces visibles dans les forêts. Ils en ont aussi laissé d'invisibles, dans les corps et les cœurs de ceux qui ont traversé cette période.



