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Laisser son enfant s'ennuyer

  • 21 juin
  • 3 min de lecture

"Je m'ennuie !" — et si c'était une bonne nouvelle ? "Je m'ennuie."

La phrase qui fait paniquer tant de parents. Le cri intérieur : "Je dois trouver quelque chose. Vite : l'écran proposé. l'activité suggérée., la ursoliicitation et donc un calendrier bien rempli voir trop rempli.

Et si, justement, ce moment était exactement ce dont votre enfant avait besoin ?

Ce que les neurosciences nous apprennent

Quand un enfant ne fait rien, vraiment rien, son cerveau ne s'éteint pas. Il s'active différemment. Il entre dans ce que les neurosciences appellent le réseau du mode par défaut. Ce réseau se met en marche précisément quand on n'est pas focalisé sur une tâche extérieure. Il relie des régions cérébrales impliquées dans la mémoire, la pensée associative, l'introspection et surtout la créativité.

En clair : quand l'enfant ne fait rien, son cerveau travaille. Il consolide ce qu'il a appris, il tisse des liens entre ses idées, il imagine. Ce "vide apparent" est en réalité une phase d'activité profonde.

Une étude a même montré que plus les activités sont passives et ennuyeuses, plus elles sont stimulantes pour la créativité. Une autre révèle que les enfants s'immergent dans des scénarios qu'ils créent eux-mêmes, explorant des idées qu'ils n'auraient pas développées autrement.

Le vide et le silence ne sont pas des manques

L'enfant n'a pas besoin d'être comblé en permanence. Le vide, le silence, l'absence de sollicitation tout cela nourrit son monde intérieur. C'est dans ces espaces que l'imagination prend racine, que l'ennui devient un moteur et que l'enfant découvre ce qu'il aime, sans que ce soit imposé, dirigé ou programmé.

Comme le dit la psychologue Etty Buzyn, l'ennui favorise la rêverie et l'exploration du monde intérieur, qui jouent un rôle clé dans la construction de l'identité.

Pas d'ennui = pas d'imaginaire. L'affirmation peut sembler forte. Mais elle résume bien ce que la recherche confirme.


Aux parents, aux grands-parents — déculpabilisez

On vous a peut-être fait croire qu'un enfant qui s'ennuie est un enfant mal occupé, que votre rôle est de proposer, de combler, de distraire, que le loisir parental, c'est de trouver des solutions.

Ce n'est pas le cas : laisser son enfant s'ennuyer, ce n'est pas de la négligence. C'est un acte de confiance. C'est accepter qu'il traverse un inconfort parce que l'ennui en est un et que c'est justement dans cet inconfort qu'il va se mettre en mouvement, créer, inventer, découvrir.

Vous n'avez pas besoin de trouver quelque chose à chaque "je m'ennuie". Parfois, ce dont votre enfant a le plus besoin, c'est de ce temps non structuré : pas d'écran, pas de proposition, pas de résolution rapide. Juste de l'espace.

Ce que l'ennui construit chez l'enfant

  • La créativité : en le poussant à imaginer ses propres solutions

  • L'autonomie : en le rendant capable de s'occuper seul

  • La connaissance de soi : en l'amenant à écouter ses envies réelles

  • La gestion de l'inconfort : en l'habituant à traverser un moment désagréable sans fuite

  • La mémorisation : en activant le réseau cérébral qui consolide les apprentissages

Et côté parents ? L'énergie économisée à ne pas tout organiser peut être précieuse pour soi. Parce que s'occuper de son enfant, ça commence par s'occuper de soi.

Le lien avec la kinésiologie

En kinésiologie, on rencontre souvent des enfants en trop-plein sensoriel saturés de stimulations, d'activités, d'attentes, d'écrans. Leur corps traduit ce débordement : agitation, troubles du sommeil, difficultés de concentration, tensions.

La kinésiologie ne remplace pas le besoin de temps mort, elle ne le peut pas. Mais elle peut aider à comprendre ce qui, en profondeur, maintient l'enfant dans un état d'agitation même quand l'espace est là. Ce qui l'empêche de se poser, ce qui fait que le vide ne devient pas fertile, mais anxiogène.

Le travail en séance, par le test musculaire et le dialogue corps-esprit, permet d'explorer ces blocages, de libérer les tensions accumulées, et de redonner à l'enfant la capacité d'habiter ses moments de calme sans y résister.

Laisser son enfant s'ennuyer, ce n'est pas seulement lui offrir du temps, c'est lui offrir la possibilité de se rencontrer vraiment.

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